Mis en avant

Faut-il accepter ses cheveux blancs ?

J’ai 28 ans, et des cheveux blancs. Pas quelques-uns qui se baladent par ci par là, non, non. J’ai vraiment des cheveux blancs. Suffisamment pour qu’ils se voient, suffisamment pour que l’on me fasse la remarque. Globalement, je suis toujours brune. Mais ce brun au reflet cuivrés s’est peu à peu rempli de mèches blanches, éparpillées un peu partout. Je n’ai pas de grosse mèche blanche totalement distincte du reste des cheveux, comme certain.e.s. Il s’agit plutôt d’une sorte de camaïeu, comme si une nouvelle nuance s’était rajoutée.

 Je ne sais pas exactement quand est-ce qu’ils ont commencé à apparaître. Ce dont je me rappelle, c’est que j’ai commencé à m’en rendre compte aux alentours de mes 25 ans. Pour autant, les premiers d’entre eux étaient déjà installés depuis des années. Le jour où l’on s’en rend compte, c’est qu’ils ont déjà bien fait leur nid. Lorsque je récupère certains de mes cheveux, je peux même voir leur décoloration progressive. Une partie brune, puis blanche, puis brune à nouveau. Ils essayent tant bien que mal de garder leur couleur d’origine, mais je sais bien que le blanc finira par gagner. Je sais que viendra leur jour où mes cheveux bruns ne seront qu’un souvenir. Et je vais être honnête, souvent, cela m’attriste. Je n’ai pas envie moi, de penser au jour où mes cheveux seront gris. Je n’ai pas envie de voir ce processus dès maintenant, alors que je fais encore partie des « jeunes », alors que je n’ai même pas 30 ans (oui, quand on ne les a pas encore, les 30 ans sont un cap à passer, désolée).

Pourtant, je choisis de les garder, ces cheveux blancs. Je choisis de ne pas les camoufler, et par là-même, de les montrer. Dans notre société où la blancheur des cheveux n’est majoritairement portée que le plus tard possible, souvent après 70 ans, ne pas camoufler ses cheveux blancs à mon âge revient à les assumer. Au départ oui, je les assumais. Je me rassurais en me disant qu’ils étaient peu nombreux, qu’il serait dommage de dépenser du temps et de l’argent pour cacher quelques cheveux blancs. Le fait de n’utiliser aucun produit chimique pour mes cheveux était également un argument de poids, puisque les coiffeurs qui utilisent des colorations végétales sont peu nombreux et plus onéreux. De plus, je n’avais pas envie de consacrer du temps à réaliser moi-même des colorations.

Mais plus le temps passe, plus ils sont nombreux et plus j’ai parfois/souvent du mal à les accepter. J’admire celles qui choisissent d’assumer leurs chevelures grises, à mon sens, elles sont aussi belles que des femmes qui choisissent de colorer leurs cheveux. Néanmoins, je ne me sens pas assez « mûre » pour moi-même accepter pleinement cela. Je me sens à peine sortie de l’adolescence (ce qui est peut-être idiot aussi) et ce symbole de l’avancée en âge finit par me peser. Tous les jours, ces mèches blanches me rappellent quelque chose qui est inexorable et auquel on n’a pourtant pas envie de penser : notre propre vieillissement. Les magasines féminins nous parlent de l’angoisse de la première ride, car c’est un phénomène inexorable. Mais les cheveux blancs… une teinture, et le problème est vite réglé. Il n’y a pas de problème finalement.

Lorsque j’y réfléchis, je me dis que la composante symbolique sur un élément aussi banal qu’un cheveu est assez incroyable. Je me rends compte que la perception que j’ai de ce changement est fondamentalement liée à l’aspect symbolique du cheveu blanc. Plus ou moins consciemment, pour moi, les cheveux blancs sont acceptables à partir d’un certain âge. Et dans mon cas, cet âge n’est pas encore atteint. Alors je les observe, je retourne ça encore et encore dans ma tête. Parfois, je suis au bord de tester une coloration. Parfois, je me dis que cela serait une perte de temps et d’argent, alors que le phénomène ne pourra que s’accentuer.

En réalité, je ne sais pas quoi faire. Je n’ai pas envie de les voir arriver, mais les moyens proposés pour les cacher ne me conviennent pas non plus. D’ailleurs, je ne sais même pas si je veux les cacher ou pas. J’aimerais juste qu’ils ne soient pas là. J’aimerais juste ne pas avoir encore à m’en préoccuper. Pour l’instant, je n’arrive pas vraiment à les considérer comme une partie de moi. Ils sont un peu comme des étrangers que j’observe, en sachant qu’ils finiront par gagner quoi que je fasse. Peut-être qu’un jour, j’appliquerai une teinture sur mes cheveux, pour retrouver leur couleur « d’avant ». Ou pas. Rien n’est décidé. Et je veux au moins me laisser ce choix.

Quelle est votre perception par rapport aux cheveux blancs ?

Choisiriez-vous de les assumer ?

Pourquoi écrire ?

Se lancer dans l’écriture d’un blog en 2020 pourrait paraître un peu… saugrenu ? Pourquoi ne pas plutôt ouvrir une chaîne YouTube, ou bien aller directement sur les réseaux sociaux ? Ces deux questions ne sont qu’un exemple des nombreuses interrogations qui ont préoccupé mon cerveau avant que je ne me décide enfin à lancer ce blog.

Et pourtant, c’est une idée qui m’est venue il y a des années, alors que YouTube n’était pas aussi développé et qu’Instagram n’existait probablement qu’à l’état de version bêta. Des prototypes ont même déjà été lancés (puis supprimés), j’ai eu 10 000 idées de sujets différents au fil de l’évolution de mes intérêts. Mais rien ne se faisait. Je n’avançais pas, je n’arrivais pas à me lancer. Je lisais (et je lis toujours) beaucoup de blogs en me disant que moi aussi, j’aimerais être derrière l’article qui avait été écrit. Et pourtant, il y avait toujours comme une barrière.

J’ai toujours aimé lire, puis écrire. Petite, je voulais écrire des histoires, je créais des livres (livres qui me semblaient très aboutis du haut de mes 8 ans). Par la suite, j’ai régulièrement tenu des journaux intimes, expression de mes doutes d’adolescente, de mes désarrois et de mon incompréhension de ce monde adulte qui semblait si dur et dénué d’imagination.

Et puis, j’ai moi-même petit à petit intégré ce monde qui me semblait si lointain, sans même m’en rendre compte. J’ai démarré des études, laissé mes journaux de côté -ce qui ne veut pas dire que les doutes avaient disparus. J’ai commencé à travailler, à gagner ma vie. J’ai découvert de nouveaux centres d’intérêts. Au fil de mes recherches et de mes réflexions, j’ai pu apporter des éléments de réponses à certains questionnements. Toutefois, beaucoup d’entre eux sont toujours présents. J’apprends tous les jours et je me suis rendue compte que ce changement intérieur était permanent. Lorsque j’ai découvert cela, j’ai eu de nouveau envie d’exprimer et de partager toutes ces évolutions, et le plus naturel pour moi est de passer par l’écriture.

Alors, j’ai enfin décidé de sauter le cap. Cela peut paraître anodin pour certains, mais pour moi, rendre public quelque chose d’aussi intime que l’écriture n’a rien de facile. Dès lors qu’on choisit de se montrer, il y a une prise de risque, même intérieure. Cela veut dire que l’on accepte l’idée de faire face à des remarques très positives, mais aussi négatives, voire à de l’indifférence (et c’est peut-être ce qu’il y a de pire). Au delà de l’écriture, il s’agit donc pour moi de sortir de ma zone de confort et de concrétiser enfin une envie qui demande à s’exprimer depuis très longtemps. Et puis après tout, quoi qu’il advienne par la suite, rien ne sera très grave, n’est-ce pas ?

Et vous, avez-vous des projets qui vous trottent dans la tête et qui ne demandent qu’à être réalisés ?

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